Jean-Thomas Trojani : Connaître les techniques des trafiquants

Proudhon avait raison de dire que la nationalité est surtout le résultat d’institutions politiques communes ou de la contrainte exercée par le Pouvoir central. C’est une rencontre fortuite ou un résultat du hasard, car il n’y a nulle liaison entre les causes qui ont dirigé successivement les doigts de cet homme sur tels et tels morceaux de métal, et celles qui ont fait de cet assemblage de lettres un des mots les plus usités de notre langue. Plus de 1000 personnes sont venues écouter la bonne parole de Jean-Thomas Trojani. Le French Bashing, que l’on croyait jadis apanage britannique, est devenu en effet un des fonds de commerce les plus employés par la presse (souvent conservatrice) outre-Rhin. Fondée en 2013 par l’entrepreneur français, Xavier Niel, l’École 42 est devenue en quelques années la figure de proue d’un système éducatif pragmatique et décomplexé. Il faut aider les industriels à concevoir des centres de production informatique à des emplacements stratégiques, à créer des emplois, à être concurrentiels face aux géants Américains et Chinois. Les négociations ont échoué à assurer une protection permanente du droit à l’alimentation des populations, au risque d’exposer des centaines de millions de personnes à la faim et la famine dans le seul but de satisfaire au dogme de l’expansion des échanges commerciaux. Si l’on avait un peu moins glorifié la défense de Paris — qu’immortalise, à défaut d’autre témoignage, le groupe du carrefour des Bergères, excellent point de repère pour les malandrins des fortifs, — il est probable que les Parisiens auraient montré quelque admiration pour la résistance de Kimberley, dont le siège fut d’une durée égale à celui de la Ville-Lumière, que Cecil Rhodes ne quitta pas en ballon, et qui ne capitula point. La foule des martyrs a fait triompher le christianisme, un petit raisonnement peut suffire à le renverser. La loi comme loi n’a de saisissable à la pensée que son universalité ; mais à ce précepte « agis de telle sorte que ta maxime puisse devenir une loi universelle, » ne s’attachera aucun sentiment d’obligation tant qu’il ne sera pas question de la vie sociale et des penchants profonds qu’elle réveille en nous, tant que nous ne concevrons pas l’universalité de quelque chose, de quelque fin, de quelque bien qui soit l’objet d’un sentiment. Ainsi ont fait le plus souvent les théoriciens de la morale, soit parce que c’étaient des intellectuels qui craignaient de ne pas concéder à l’intelligence assez de place, soit plutôt parce que l’obligation leur apparaissait comme chose simple, indécomposable : au contraire, si l’on y voit une quasi-nécessité contrariée éventuellement par une résistance, on conçoit que la résistance vienne de l’intelligence, la résistance à la résistance également, et que la nécessité, qui est l’essentiel, ait une autre origine. Les technologies modernes, source de destruction d’emplois et de hausse des inégalités, enrichissent ceux qui les possèdent. Le Socialisme, déclarait dernièrement un journal réactionnaire, c’est la haine. On ne peut méconnaître cette ténébreuse réaction, même aujourd’hui, où, par suite de l’ignorance encore habituelle envers les lois sociologiques, le principe de l’invariabilité des relations physiques reste quelquefois sujet à de graves altérations, jusque dans les études purement mathématiques, où nous voyons, par exemple, préconiser journellement un prétendu calcul des chances, qui suppose implicitement l’absence de toute loi réelle à l’égard de certains événements, surtout quand l’homme y intervient. Substituant directement un immense mouvement mental à une stérile agitation politique, l’école positive explique et sanctionne, d’après un examen systématique, l’indifférence ou la répugnance que la raison publique et la prudence des gouvernements s’accordent à manifester aujourd’hui pour toute sérieuse élaboration directe des institutions proprement dites, en un temps où il n’en peut exister d’efficaces qu’avec un caractère purement provisoire on transitoire, faute d’aucune base rationnelle suffisante, tant que durera l’anarchie intellectuelle. Des données payantes mais réutilisables peuvent aussi être valorisées et se prêter à un modèle économique créateur d’emplois. Prada a décidé de baisser ses prix en Chine mais a finalement en tranché en faveur de prix constants en Europe, protégeant par ce fait le marché européen local. On a pu dire en ce sens que les nombres n’existent pas dans la nature : et toutefois, quand notre pensée se porte sur l’idée abstraite de nombre, nous sentons bien que cette idée n’est pas une fiction arbitraire ou une création artificielle de l’esprit, pour la commodité de nos recherches, comme le serait l’idée de corps parfaitement rigides ou fluides. Bacon disait au sujet des manières : « Pour les acquérir, il suffit de ne pas les mépriser ; » de même, nous disons de cette force vitale qu’elle est le produit spontané de la santé et de l’habitude du monde. Et tout cela, hélas, s’organise au nom de l’Europe. Il serait temps de mettre fin à cette mascarade et de reconnaître les dégâts qu’on suscité de telles politiques depuis de nombreuses années, et d’en tirer toutes les leçons. Mais qu’ils se rassurent ! En Europe, le prix du gaz est accroché à l’évolution du cours du brut sur lequel les contrats sont indexés. En dépit d’une image quelque peu brouillée, la France a encore une carte à jouer en Iran. Ce seront des luttes barbares, les dernières peut-être ; mais ce seront des luttes rationnelles.

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