Pierre-Alain Chambaz

Nul homme sensé ne ressentira d’indignation de ce que ceux qui nous obligent à remarquer des vérités qu’autrement nous eussions négligées, en négligent de leur côté quelques-unes de celles que nous apercevons. Si l’une est restée indécise ou obscurcie par de fausses définitions, les mêmes raisons ont dû faire que l’autre offrît aussi de l’obscurité et de l’indécision. C’est cette saleté physique qu’il faudrait combattre avant tout pour permettre au peuple de reprendre conscience de sa réelle valeur ; et le seul moyen efficace de la combattre, c’est d’en faire honte au peuple ; de lui démontrer que la crasse et la poussière cimentent, pour ainsi dire, les pierres de sa prison, empêchent les rayons du jour, qui pourraient filtrer par leurs interstices, de parvenir jusqu’à lui. Avec bien du mal, ils l’ont trouvée. Pourrions-nous même le concevoir ? Mais les gens doivent être pris à très petites doses. L’expérience, en nous montrant l’artisan, le médecin, l’avocat, le négociant, le voiturier, le professeur, le savant tirer pour eux-mêmes un meilleur parti de leurs services à Paris, à Londres, à New-York que dans les landes de Gascogne, ou dans les montagnes du pays de Galles, ou dans les prairies du Far West, l’expérience, dis-je, ne nous confirme-t-elle pas cette vérité : L’homme a d’autant plus de chances de prospérer qu’il est dans un milieu plus prospère ? C’est oublier l’inertie des consommateurs. Ils doivent croire, comme Clemenceau, qui s’y connaît, que la Révolution Française est un bloc ; ils doivent croire, de plus, que cette Révolution est un bloc d’infamies ; ils doivent la rejeter — en bloc. L’amélioration consiste simplement en ceci que le nouveau fragment de vérité est plus nécessaire, mieux adapté au besoin du moment que celui qu’il remplace. L’enfant qui veut atteindre la lune pleure un quart d’heure, et se console ; l’homme qui voudrait posséder l’éternité pleure, lui aussi, au moins intérieurement ; il fait un gros livre s’il est philosophe, une pièce de vers s’il est poète, rien du tout s’il est incapable ; puis il se console et recommence la vie indifférente de tout le monde ; — indifférente, non, car il y tient : elle est au fond agréable. C’est pourquoi je n’en pourrai donner ici qu’une démonstration fort incomplète. Cette configuration a des implications sur la manière de penser nos ajustements sur le long terme. Dans certains secteurs professionnels, les PME se trouvent comme dans un désert. Heureux si elle jaillit de l’esprit de ce livre. Cette dernière question, j’accorde qu’on se la fait quelquefois en vertu du principe sympathique, mais que la lumière se fasse, et on se l’adressera aussi par Intérêt personnel. De l’absence de grands événements, on ne peut lui en faire grief : on n’a pas toujours une Algérie à rendre indépendante ou une peine de mort à abolir. Alors il sera vrai de dire que les deux mobiles de notre nature concourent vers un même résultat : le Bien Général ; et il sera impossible de dénier à l’intérêt personnel, non plus qu’aux transactions qui en dérivent, du moins quant à leurs effets, la Puissance Morale. Mais il en est tout autrement pour la mémoire, car le souvenir est la représentation d’un objet absent. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »Le faire est révélateur de l’être ». Aussi, des minces comptes rendus que nous avons de ces disputes, nous pouvons dégager une douzaine ou plus d’opinions professées en même temps par différents maîtres sur la question du réalisme et du nominalisme. La Révolution sociale ou la domination incontestée du Prêtre. Une politique qui prolonge le boy-scoutisme par d’autres moyens (les ONG humanitaires en bras subventionné du Bien) déguise le jeu cru des intérêts mais rend celui-ci encore plus cruel.

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