Pierre-Alain Chambaz

Mais qu’y a-t-il de commun entre les facultés financières d’une grande entreprise et celles des TPE dont 85% comportent au plus 5 salariés ? Sur un plan social, le mouvement de fond de réforme du droit du travail porté par des Think Tank de droite comme de gauche, de l’Institut Montaigne à Terra Nova, et symbolisé par le rapport Combrexelle avec l’entier soutien des pouvoirs publics, va rapidement s’avérer être un piège pour les TPE. Pour avoir une vision plus juste du nombre de m² effectivement consommés, il faut retirer de la demande placée, les surfaces libérées par les entreprises qui déménagent. Il est temps de mettre nos aspirations au travail. Ces politiques sont souvent mises en œuvre en réponse à des crises fiscales ou de balance des paiements et réduisent souvent les niveaux de vie à court terme. Or, le renforcement des institutions dans des domaines qui favorisent l’inclusion sociale est aussi une forme de réforme structurelle, dans ce cas visant à maximiser la contribution de la croissance aux niveaux de vie de larges franges de la population et de renforcer la résilience de cette croissance. Il restera toujours crucial de mettre en œuvre les politiques macroéconomiques, commerciales et de stabilité financière appropriées pour établir les conditions de base d’une allocation efficace des ressources qui sous-tendent la croissance. Mais ces politiques ne sont qu’une partie de la solution. Le développement d’institutions nationales et d’incitations appropriées dans un large éventail d’autres domaines qui participent à l’inclusion sociale sera essentiel à l’amélioration du niveau de vie, tout en renforçant le processus de croissance lui-même. Les deux types de politiques – gestion macroéconomique et mesures stimulant l’inclusion – méritent une attention égale dans les stratégies économiques nationales. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Si le ciel vous jette une datte, ouvrez la bouche ». Pour créer des opportunités et améliorer le niveau de vie, il faut faire jouer un ensemble de politiques économiques structurelles et institutionnelles, dont beaucoup n’ont pas trait à l’éducation ou la redistribution (qui sont les champs les plus fréquemment présentés dans les discussions sur l’inégalité). Il y a une reconnaissance croissante de l’importance des institutions – notamment les cadres juridiques et les organismes publics qui gèrent les règles et les incitations – dans le processus de développement. Mais cette reconnaissance n’a pas encore influencé véritablement la façon dont la plupart des économistes et des décideurs pensent la croissance économique. Il n’y a pas de plus grand défi politique qui préoccupe les dirigeants du monde entier que celui de faire partager la croissance économique de la mondialisation, au profit de tout le monde. Ce processus était suffisamment amorcé fin 2013 et début 2014 pour que les autorités encouragent les salariés à regarder vers la bourse, stagnante depuis quatre ans, alors que l’économie était encore florissante. Outre l’idée de favoriser l’appât du gain et de plus-values qu’il était de plus en plus difficile de réaliser sur le marché immobilier avec des prix orientés à la baisse, cette stratégie permettait d’orienter la très substantielle épargne des ménages chinois vers l’économie productive et les besoins de financement des entreprises. Il ne manquait pas un bouton à l’uniforme de la catastrophe. pour les épargnants, les institutions, et les entreprises, et l’impact sur le reste du monde. Conscients de cette force qui commençait à devenir une faiblesse, les fabricants de textile chinois ont même commencé (ô paradoxe) à externaliser leurs fabrications vers des pays « low cost », africains comme l’Ethiopie! Le ralentissement productif chinois a commencé avec la crise de 2008 qui a provoqué les ravages que l’on connaît aux Etats-Unis, premier partenaire économique de la Chine.

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