Pierre-Alain Chambaz

Il s’agit d’éliminer la division séculaire entre villes et campagnes en mettant les fermiers en situation de participer pleinement au développement intégré. Tout autre est l’intellection vraie. Et puis, n’a-t-on pas jadis assez critiqué « l’élitisme » d’une philosophie enfermée dans sa tour d’ivoire, pour lui reprocher à présent son ouverture à un large public, avec les inconvénients inhérents à l’exercice ? Les PME sont en effet bien souvent porteuses de solutions plus innovantes, plus agiles, plus souples que celles des grands groupes, ces derniers ayant une certaine tendance à reproduire des schémas éprouvés. Qu’elles soient capables de maintenir un coussin de fonds propres supérieur à 8 % dans le scénario de référence dit « central » correspondant aux prévisions macroéconomiques de la Commission européenne. Ces « nouveaux » réseaux s’avèreraient aussi être un excellent moyen de connecter des milieux ruraux actuellement isolés, pour un investissement relativement modeste, ou même des quartiers pauvres de pays en voie de développement. Pas une fois, depuis 1870, la France n’a agi en nation sûre d’elle-même, consciente de sa valeur et de sa force. Nous rions de quelque chose que cette disproportion peut, dans certains cas, manifester, je veux dire de l’arrangement mécanique spécial qu’elle nous laisse apercevoir par transparence derrière la série des effets et des causes. En juin dernier, les économistes ont montré que si le taux de croissance était inférieur de 1 % aux prévisions (ce qui est probable), l’excédent primaire également 1 % en deçà de l’ajustement demandé par la troïka (ce qui est en train d’être négocié), et s’il fallait financer une nouvelle recapitalisation bancaire (ce qu’on ne peut exclure), alors la dette grecque recommencerait à augmenter après 2021. Cette insouciance a été si grande, si abjecte et si entière, qu’il fut bon pour la France, je crois, qu’elle n’apparût point au monde sans voiles et dans toute sa hideur ; il fut bon qu’elle se trouvât masquée par les démonstrations extravagantes du chauvinisme à grosse caisse. C’est un jeu de mistigris qui ne profite à personne. Si je choisis, au hasard, un volume dans ma bibliothèque, je puis, après y avoir jeté un coup d’œil, le remettre sur les rayons en disant : « ce ne sont pas des vers. En tout premier lieu, ces consommateurs sont devenus plus exigeants et difficiles à satisfaire. Donc ces matériaux et ces forces n’ont pas de valeur : il serait bien étrange qu’ils en eussent. Une situation comparable à celle de la France. La polyphagie par exemple est une rareté. Nous pouvons ne pas entendre distinctement leur voix ; l’appel n’en est pas moins lancé ; quelque chose y répond au fond de notre âme ; de la société réelle dont nous sommes nous nous transportons par la pensée à la société idéale ; vers elle monte notre hommage quand nous nous inclinons devant la dignité humaine en nous, quand nous déclarons agir par respect de nous-mêmes. Le marché intérieur était perçu depuis quelques années comme une « affaire du passé », dont il fallait assurer le maintien, mais non la promotion active, sentiment renforcé par les enjeux du moment : l’Union économique et monétaire, l’élargissement et les réformes institutionnelles. De la durée réelle on s’est détourné systématiquement. Nous aurons encore moins la témérité de rechercher quelle est la fin suprême de la création ; la finalité que nous ne pouvons méconnaître dans les œuvres de la nature est une finalité, pour ainsi dire, immédiate et spéciale, une chaîne dont on ne peut suivre que des fragments dispersés. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Les grandes âmes ont de la volonté, les faibles n’ont que des souhaits ». Quand on pense à l’infinité d’éléments infinitésimaux et de causes infinitésimales qui concourent à la genèse d’un être vivant, quand on songe qu’il suffirait de l’absence ou de la déviation de l’un d’eux pour que rien ne marchât plus, le premier mouvement de l’esprit est de faire surveiller cette armée de petits ouvriers par un contremaître avisé, le « principe vital », qui réparerait à tout instant les fautes commises, corrigerait l’effet des distrac­tions, remettrait les choses en place : par là on essaie de traduire la différence entre l’ordre physique et l’ordre vital, celui-là faisant qu Seule, l’hypothèse métaphysique peut tenter de faire franchir à la volonté le passage du moi au non-moi. Objectif réel: améliorer le système, non le changerLes réformes engagées par la Chine du XVIIIè Comité central sont réelles, et visent à corriger un certain nombre de dysfonctionnements du système – à commencer par les surcapacités industrielles et les allocations irrationnelles de crédit. II n’y a pas de mal, puisque Dieu ne saurait être le principe du mal, et qu’on ne peut supposer l’existence du mal comme principe nécessaire opposé à Dieu et coéternel à lui, sans admettre l’existence simultanée de choses qui s’excluent, et sans renverser la philosophie tout entière, la science humaine, toute connaissance et toute pensée. Il faut prendre en considération, en effet, les habitudes de plus en plus casanières du peuple français : le peu d’intérêt qu’il porte à ce qui se passe au-delà de ses frontières ; et l’ennui, la fatigue terrible que lui cause l’étude même superficielle des questions qui l’intéressent directement. Il est temps de déchirer la légende qui sert de décor à « l’Épopée, » avec une porte, côté cour, sur le Passé — menant aux radotages imbéciles ; et une porte côté jardin, sur le Futur, — menant à la misère continuelle.

Share This: