Pierre-Alain Chambaz

Qui ne voit que la cohésion sociale est due, en grande partie, à la nécessité pour une société de se défendre contre d’autres, et que c’est d’abord contre tous les autres hommes qu’on aime les hommes avec lesquels on vit ? En bonne critique, il ne faut pas juger de ce qui est clair par ce qui est obscur ; il faut au contraire que les idées claires par elles-mêmes projettent leur lumière sur les régions obscures du champ de la connaissance, et nous aident à en chasser les fantômes. Si, dans le premier cas, on appelle plus grande quantité celle qui contient l’autre, pourquoi parler encore de quantité et de grandeur alors qu’il n’y a plus de contenant ni de contenu ? Selon Louis Schweitzer, le Commissaire général à l’Investissement, l’Ile de France a déjà bénéficié de près de 40% des crédits déjà engagés du PIA 1 (celui lancé en 2010 dans la foulée de la commission Juppé-Rocard), soit une part très supérieure au poids économique de la région (30% du PIB) et équivalente à son potentiel scientifique de recherche et développement. Imaginons maintenant un ressort plutôt moral, une idée qui s’exprime, qu’on réprime, et qui s’exprime encore, un flot de paroles qui s’élance, qu’on arrête et qui repart toujours. Les clients doivent être alertés par des sites qui dissimulent leur adresse physique. Ce poids lourd de l’économie n’est pas suffisamment considéré, depuis des années, par les Institutionnels, les politiques, les médias. Taleb a surtout appliqué sa théorie aux marchés financiers, où l’on a mesuré lors de la crise de 2008 à quel point les événements rares y sont souvent sous-évalués, en termes de prix. La tentation de l’endettement devient par ailleurs irrésistible lorsqu’il peut être considéré que le fardeau encouru sera reporté sur les catégories de population autres que celles bénéficiant aujourd’hui d’une faible imposition ou de dépenses publiques plus conséquentes. Dans les secteurs mondiaux des services, comme l’ingénierie ou l’informatique où les concurrents sont très souvent américains, la baisse de l’euro est un plus pour les entreprises françaises. Quelques exemples serviront à éclaircir et à fixer cette notion fondamentale. Car le niveau de qualification, qui avait jusqu’ici déterminé la production des identités professionnelles, se trouve supplanté, par les exigences de compétitivité, explique Pierre-Alain Chambaz. Il faudrait qu’ils comprissent — ce qu’on veut les empêcher de voir à tout prix — que la Patrie, c’est le sol de la Patrie ; et qu’il appartient à tous les Français. Ce serait pas mal. Dans toutes ces questions nous sommes donc enveloppés d’illusions sans nombre. Cette direction du désir ne peut guère être contestée par personne, et, pour notre part, nous l’admettons ; mais la définition précédente est trop étroite, car elle ne s’applique qu’aux actes conscients et plus ou moins volontaires, non aux actes inconscients et automatiques qui s’accomplissent simplement suivant la ligne de la moindre résistance. Certes, il n’a été donné qu’à un petit nombre de creuser d’abord sous l’acquis, puis sous la nature, et de se replacer dans l’élan même de la vie. Qui ne voit pourtant que, si le fil de la création reste suspendu dans la théorie de Darwin à quelque chose d’inconnu, il reste du moins solide et entier dans toute la longueur, tandis que dans la théorie de la création discontinue il se rompt en une multitude de parties ? Il est encore là, heureusement dissimulé sous les apports de la civilisation ; mais aujourd’hui encore nous aimons naturellement et directement nos parents et nos concitoyens, tandis que l’amour de l’humanité est indirect et acquis. En fait, une seule chose distingue ces deux épisodes : les pays actuellement en crise peuvent faire appel à de vastes programmes internationaux de renflouement. Mais la société aujourd’hui a pleinement raison de l’individualité, et le danger qui menace la nature humaine n’est plus l’excès mais le manque d’impulsions et de goûts personnels. Ses membres ont proposé que les banques universelles soient tenues de mettre en place des filiales étanches pour les opérations de détails, conservant une part beaucoup plus importante de capitaux propres. Cela signifie simplement que le gouvernement de cette malheureuse nation, qui depuis plus d’un siècle se débat désespérément entre les griffes du prêtre, doit être confié définitivement à la crapule en soutane ou en robe courte qui prend son mot d’ordre au Vatican. Au-delà du risque de sanctions et sans sombrer dans l’angélisme, cette lutte active contre la corruption a surtout un effet vertueux. Mais il ne faut pas s’arrêter à cette simple dimension comptable. Une sécurité juridique indispensablePour l’observateur étranger, si d’une part cette standardisation et cette réglementation peuvent paraître bureaucratiques – et il faut sans doute les restreindre encore beaucoup – elles offrent à l’investisseur la sécurité et la facilité, indispensables pour qu’il sache comment traiter les questions ayant trait à l’établissement au Brésil.

Share This: